samedi 3 mai 2014

Rumeurs et sentiments

Je me rappelle qu’Amour ne tourmente que ces gens-là qui prétendent lui rogner les ailes où l’enchaîner quand il lui a plu de venir voler à eux.                                                 Machiavel


« C’est vrai que vous faites falot, Monsieur Paul !... »
Qu’on n’aille imaginer une Marie altière, sous ce personnage dédaigneux s’adressant à son vis-à-vis séparé d’une cloison infranchissable. Non. Ôtés postiche clair et pèlerine élégante, on voyait distinctement les hauts talons qui tout à l’heure lui donnaient fière allure, et déterminée, à la ressemblance de Muriel, justement, l’épouse du triste sire là prisonnier.
Allure assez trompeuse pour que celui-ci ait confondu les silhouettes, – le but recherché, à l’évidence.
Sans pouvoir se l’expliquer, Paul Janère eut aussitôt prescience d’un drame, d’une machine infernale qui se serait mise en route peu auparavant, à l’instant précis où, d’un doigt énervé, il tapota son bureau en décidant d’avoir le cœur net de… – Mais que lui importait donc que Muriel eût des amants ? Elle en avait toujours pris, – avant leur mariage, pendant…
Qu’importait !
…Puisque leur adultère était caché et qu’ainsi on ne l’humiliait au vu et au su du monde, du cercle restreint de SON monde.
…Et puisqu’il ne savait la contenter.
Ah ! Cette lettre de corbeau, après tant de chiffons du même acabit qu’il négligea ; – pourquoi ce pli lui martela-t-il le cerveau la matinée entière ? Parce qu’on y annonçait la fuite de l’infidèle au bras du rival et qu’alors, en un douloureux et profond secret mis au jour pour la circonstance, il eut subitement peur d’un abandon total ?
Les mots outranciers, les insultes face à son marasme volontaire librement opté, il n’en avait cure !
(– Ça, ça dérangeait !)
D’abord une première missive s’était indignée de l’aventure et sa seconde supposa un être déconcerté, vu son mutisme non encore interprété je-m'en-fichisme, en rapportant des détails vestimentaires, les rendez-vous et diverses particularités des fautifs ;
Une série s’étala durant des semaines, des mois d’un désintéressement pur. Incompréhensible, sans conteste, chez l’insidieux épistolier :
« Qu’il réagisse et fasse preuve de… »
« Coupez court au scandale ! » On salissait son nom, répétait-on où l’invective fut de mise, nonobstant, préposition dont il aimait user dans les courriers officiels qu'il griffait avant signatures supérieures, qu'une telle hypothétique rumeur ne l'inquiétait pas.
– Enfin quoi ! Désirait-il vraiment contrarier pareil état de fait ? D’un côté de la balance elle avait un soupirant, – d’ordinaire ils faisaient long feu et celui-ci se maintenait. Sur l’autre plateau il restait que leur table était ample et généreuse, aussi que de temps en temps elle supportait ses assauts physiologiques…
En sus la maison fleurait bon la vie, son linge ne lui faisait point honte et les dépenses ménagères n’auraient pu se juger excessives : – sa pipe, sa télé, son lit et un bon repas… L’illusion confortable (et il s’en accommodait fort bien), auprès de l’insignifiance, à l’entour, vers la galerie ;
– Si !, il se trouvait heureux !
Les lignes délétères du jour : « Juliette et son Roméo s’enfuiront à dix-sept heures. Suivez-la, vous constaterez, etc. » Seigneur ! Pourquoi diantre s’octroyer quartier libre et s’être posté au bout de la rue, dissimulé dans une voiture de louage ? L’intérêt de ce vulgaire torchon, puisqu’intérieurement il reconnaissait qu’elle ne saurait le quitter ; ce serait irrationnel et Dieu sait qu’elle a sa tête solidement sur ses épaules : elle existait en toute liberté,
– Pas vivait : existait et effrontément en ignorant la moindre restriction, assurée d’appointements auxquels il ne demandait ne serait-ce qu’un simple justificatif de prodigalité ; – des achats selon son goût, ses envies et quoi qu’elle désire. Ni frein ni remarque.
Elle avait hélé un taxi et lui était resté loin derrière. Ses cheveux blonds ondulaient, durant son attente au bord du trottoir. Son ample cape coutumière masquait ses traits, d’autant qu’elle guettait en sens inverse, cependant, au bras son sac à main dernier cri ne pouvait se confondre avec une valise. Alors ? Alors il l’avait suivie, leurs véhicules espacés formant cortège étrangement lent (craignait-on qu’il ne s’égare ?). Ils roulèrent beaucoup, une centaine de kilomètres de routes inconnues à travers la campagne et ses bourgades. Un itinéraire de vacancier. Le ciel gris promettait une nuit d’automne très avancée. Passé un village morne elle descendit à un carrefour, régla son chauffeur et lui il obliqua, mine de rien, au premier sentier forestier.
Il poursuivit la filature de l’ombre à pied. Indiscutablement elle n’aurait pu rentrer à temps ! (Un clocher sonnait les ultimes heures du jour.) L’enjambée franche elle avait pénétré un corps de ferme où stationnait une guimbarde : – le moyen de locomotion du potentiel adversaire ? Était-ce véritablement la jalousie qui l’agressait au cœur, aux boyaux serait plus exact ?! Probablement, car c’est ainsi que se manifestent ses effets pernicieux. Toutefois, il ne lui approcha nullement de l’idée qu’il eût pu – qu’il eût dû ! – se munir d’une arme, couteau de poche, de boucher ou habituel revolver de vaudeville. Une musique au penchant caractéristique avait jailli. La porte d’entrée ostensiblement entrouverte, il l’avait poussée. Un couloir. Une pièce et… Un coup incroyable parti de l’invisible encoignure l’avait précipité au fond d’une cave, à travers un plancher judicieusement dégagé, parallèlement qu'un rire s'élevait, incontrôlable dans son énervement. L'inconscience l’occupa de longues minutes et pas seulement à cause de sa culbute : l’hôtesse perfide, sachant ses visées malgré ses modestes facultés physiques, avait complété son œuvre d’une nuée de butane sur son visage étourdi, ce qu’il fallait et pas plus pour contrer les éventuelles résistances à ses impératifs. Il était blessé au cou, du liquide visqueux s’en écoulait. Grâce à la lampe du côté adverse il remarqua un puits, son seau et une corde, la cuvette et plusieurs couvertures, une fosse d’aisances vestige d’antan.
« Qu’est-ce que… – Vous me séquestrez ? » Trois gloussements de vainqueur repu. 
« Vous avez bien un reliquat d’amour-propre pour pressentir que votre absence peut arranger autrui ! Tant pis si vous êtes un mollasson…
– J'n'y comprends rien !... Pourquoi vous être affublée de telle manière et m’avoir entraîné dans ce traquenard sordide ? Vous avez l’intention de me retenir ? C’est un enlèvement ?
Vous voulez une rançon ?
Je ne suis guère si riche et…
– Vous m’avez déçue, Monsieur Paul. Cela fait déjà deux ans que mon mari me trompe avec votre épouse ; depuis six mois je vous l’écris et vous faites fi de mes courriers. Vous ignoriez employer une domestique ? J’ai un semestre d’actif à faire votre lit, laver vos chemises ; – le hasard ? À une auxiliaire avertie comme moi rien n’échappe et surtout pas que des lettres ont été brûlées…
Il vous indiffère que des époux trahissent leur promesse d’alliance ? Ce n’est pas mon cas. Je souffre le martyre et confrontée à votre démission, à la veulerie dont vous faites montre et à celle conjuguée de nos mauvais alliés respectifs, j’ai résolu de vous faire prendre le même chemin. À petit feu, et moi subséquemment.
– Qu’ai-je à y voir ?
– Les murmures de la masse vous laissent froid ? D’accord. Mais que pensez-vous des liens du mariage, de la fidélité due de part et d’autre ? Un couple ne serait-il qu’un amas de chairs confondues, accolées au gré de l’humeur ou du temps ? Une âme collective auréole chaque homme et femme appariés selon Dieu ; – non ?
– Ma pauvre dame ! Vous rêvez et je ne saisis davantage votre entreprise ; comptez-vous me garder ici longtemps ?
– L’éternité, mon cher Paul. Toute votre éternité ! Je vous raconterai son déroulement les jours prochains. »

« Monsieur Ringué ? Police. » Deux inspecteurs en civil apostrophaient un client à sa sortie d’hôtel. À son bras Muriel, légalement unie à Paul Janère disparu maintenant depuis six mois et dont personne, absolument personne, n’avait un signe de vie.
Au bout de quatre semaines d’escapade injustifiées on en avait pris son parti : il était majeur et qu’imaginer ? C’était un minime individu nulle part considéré. Il émargeait grassement à une administration territoriale, certes. À cause de ses compétences exceptionnelles ? Du tout ! Un tâcheron ; pas l’émulation incarnée. Un stakhanoviste du formulaire, – au demeurant il fut vite remplacé. Circonspects une courte décade des voisins conjecturèrent…
Un jour on ne l’avait plus vu et voilà ! Qui donc aurait éprouvé la curiosité de s’enquérir d’un accident ?
Sa parentèle ?
Ni père ni mère ni…
Par courtoisie/obligation sa hiérarchie avait téléphoné et fut rassérénée ; une mise en demeure légale n’obtint réponse ; – une enquête sollicitée par sa conjointe ? Merci. Elle s’en trouvait fort aise. Une rente lui assurait l’essentiel, quant au superflu, Marcel Ringué ou un usuel synonyme serait là ;
– Ainsi ce sigisbée satisfait de sa fortune.
…La seule à pâtir de l’étrange disparition fut extérieurement l’employée occasionnelle.
« Que me vaut l’honneur ?
– Vos noms et qualités, Madame…
– Expliquez-vous, bon Dieu ?!
– Votre villa a intégralement brûlé.
– Hein ? Comment est-ce arrivé ?
– Vous me semblez peu interrogateur sur d’hypothétiques victimes ; – vous avez bien une légitime épouse et de surcroît des accommodements, disons-disons… Typiques ?
– Je vous suis mal.
– Entretenez-vous tous les deux une liaison étroite oui ou non ?
– Qu’est-ce que cela aurait à voir avec l’incendie de ma maison ?...
– Une épouse et un fil à la patte, qu’est-ce que ça donne ?
– Détaillez vos allégations, je vous prie !
– Nous serons explicites dès que nous aurons parlé à l’officielle madame Ringué ou que nous aurons retrouvé sa trace – ses traces –, et quand vous nous aurez exposé votre occupation horaire entre vendredi et dimanche ;
…Et que d’indiscutables renseignements sur vos relations extra maritales nous parviendront.

– Reconnaissez-vous ce foulard griffé ? Un cadeau, je présume. Il était accroché aux épines d’un fourré, derrière votre garage, et à moitié détruit ; – jugez-en vous-même ! À proximité on a trouvé aussi un gourdin portant, outre vos empreintes digitales identifiées, des fragments capillaires. »

« Monsieur Ringué, persistez-vous à affirmer que vous avez passé la nuit précitée au domicile de votre amie, épouse Janère ? Bien qu’aucun voisin ne vous ait vu ni entendu ? – quand la moindre marque de votre passage, chez elle, ne le confirme ?
La discrétion inhérente à l’amant respectueux… – De là à ce que rien n’atteste d’une soirée de tourtereaux, verres, flûtes… – Que vos ablutions ou un malheureux mégot ne disculpe… Passons. Avez-vous une justification plausible concernant la matraque où adhèrent de microscopiques lambeaux de chair et traînant près du foulard reconnu acheté par vous ? Vous obstinez-vous dans votre version rocambolesque : une bûche touchée en chargeant le panier destiné à une petite flambée ? Et ce sac de jute qu’enfermait le coffre de votre voiture lequel – affirmation de labo – a contenu non seulement un corps, mais un corps blessé étrangement de ce groupe sanguin spécifique avec, une nouvelle fois, des cheveux ? En sus, avez-vous une idée au sujet de l’invisible compagnon de votre complice ? Et pourquoi y avait-il une branche prouvant votre identification dans le bûcher des Janère ? Nous sommes têtus, vous savez !
– Ainsi la bâche roulée, dévoilant à nouveau un soupçon du cuir chevelu de Paul Janère, des souillures de plusieurs mois et authentiques, faites-moi confiance ! Que de diableries, Ringué ; que de diableries.
…Pas de cadavre mais de graves présomptions ;
– Avouez que vous avez supprimé ce gêneur ! Mettant le feu chez vous et vous à l’opposé vous avez cru que… Qu’un quidam s’évanouisse dans la nature à la rigueur, et que ses proches s’en fichent…
– Où sont les corps ? Vous les avez découpés et incinérés ? Enterrés ? Balancés à la mer, au fil d'un fleuve ?
Concédez qu’une si longue fugue ferait sacrément incongrue ! Ça ne cadre pas avec la fadeur du personnage. Et Marie, née Amaire ? Sans ce carré d’étoffe nous n’aurions au grand dam jamais songé à nous poser questions, à analyser ce bois inquiétant, puis à défaire cette demi-corde en réserve !
…Vous avez une bien déroutante attitude.
– Justement ! Nous vous donnons sérieusement l’impression d’être dépourvus de discernement ?!
– Ce qui me chagrine ! L’idéal, afin de vous confondre, serait un fragment morbide, mais je suis blindé : – plus c’est gros mieux ça passe ! Les complots passionnels me désarçonnent. On verra ce qu’en décidera un jury populaire : les Assises vous attendent, quand bien même il n’y aurait leurs dépouilles ;
– Orientez-nous vers une piste controuvée ?
– Un cambriolage qui aurait mal tourné ?
– Motivez vos lacunes, au moins ; la toile ? Ce sac ? Racontez pourquoi vos empreintes avoisinent sur un bâton le sang et les cheveux de votre épouse à vous, et collés à un second autant du crâne de Janère ? Nous sommes intervenus avant que vous puissiez détruire ces matérialités ; hein ? Bon.
Nous, on va clore ce dossier. »

« Je vous en conjure, libérez-moi ; donnez-moi de la clarté, je suis en train de perdre la vue ! Parlez-moi ; – je deviens fou. Ne m’abandonnez plus ainsi des heures, des jours avec à profusion des croûtes du pain qu’on distribue aux lapins !
Je mérite un tel sort ?
Ne suis-je pas encore assez puni pour mon indifférence ?
…On ne se soucie donc pas de moi, au-dehors ? – Quelqu’un viendra et fatalement on me découvrira.
– Cessez de pleurnicher ; mon cœur est sec !
– Repentez-vous de votre négligence et priez. Je vous fournirai à manger tant que vous respirerez ; – la solitude est la pire des punitions ! Vos regrets expiatoires, qui sait, peut-être me toucheront… On verra. Redressez-vous en attendant ; – larve ! Je vais vous satisfaire un peu :
– Oui vous êtes à la bonne hauteur, celle des lâches, des complaisants, et non ! Personne n’approchera ! Le jardin est grillagé, loin de la vie commune au milieu des pins et depuis le temps que vous vous essayez à crier vous auriez dû comprendre qu’aucun son ne perce ces vétustes imposantes maçonneries ! Par précaution, il n’empêche, vous n’aurez pas droit à la lumière naturelle ;
On ne sait jamais, un chasseur, avec vos bruits intempestifs…
– Je ne m’absenterai plus ; j’ai décidé d’habiter discrètement l’étage en permanence. Je loue cette propriété depuis des mois sans rien programmer. L’invention finale se dégage au fur et à mesure que le puzzle s’assemble. Mes loyers étant réglés directement sur le compte bancaire ouvert au nom de jeune fille de votre femme, tout ce qui est afférent à ce toit s’écrit en gros caractères « Muriel Haton ! » Il m’aura suffi, vous savez, de subtiliser sa carte d’identité portant, par bonheur, une photographie vieille de huit ans, – et juste une courte après-midi ! Nos bailleurs et moi ne nous sommes rencontrés qu’une fois, moi coiffée d’une perruque similaire à la sienne, singeant ses tics, travestie à bon escient et maquillée à sa façon. J’oubliais : soyez assuré que si je ne donnais plus signe de vie pour cause d’accident de la route, de maladie, et cetera, vous, vous mourriez là même où vous vous trouvez ! Au besoin, à mon retour et si je revenais après des jours, des semaines ou des mois, je vous ensevelirais sur place. Je ne cours aucun risque, actuellement : rappelez-vous votre arrivée où vous fûtes endormi au gaz : en sang, je vous avais roulé dans une bâche qui rejoignit sitôt sa place, le coffre du véhicule de mon représentant d’époux ! Mon gourdin fut, à l’avenant, jeté près du tas de bois, chez vous, dont je gardais les clefs : prérogative de femme de ménage. Je portais des gants mais assez discutaillé ; hurlez si ça vous soulage : je refuse tout pacte à vos plaintes, elles conviennent exemplaire exutoire à ma vile conscience ! Ça vous étonne ? J’ai pleuré deux longues années. Vous souffrirez autant sinon davantage et surtout, SURTOUT !
– Ce sera ma joie !
…Eux, ils regretteront jusqu’à plus soif leurs agissements ;
– Et à en crever car oui ! mon cher Paul, c’est désormais mon but, la véritable passion de christ qui m’anime !
…À l’origine, je ne discernais guère l’intelligence de mon plan ; il s’est révélé : aujourd’hui j’exige la guillotine. Je l’obtiendrai. »

« Désolé, monsieur Paul, bien que je sache toute disculpation verbeuse vaine et inepte, je vous dois la vérité : ils viennent d’être condamnés. Après une interminable incarcération préventive ils ont emporté l’intime conviction des jurés, toutefois, faute de preuves tangibles et en dépit qu’ils soient convaincus d’assassinats, un doute subsiste en leur faveur ;
– Dix ans de réclusion criminelle ! Ils sortiront au maximum fin 80…Insuffisant. Je ne puis pardonner. Ma haine ne saurait s’estomper. Il leur aurait fallu des cadavres ? Eh bien ce sera motif à réouverture du procès ! …Vous n’avez plus de voix, n’est-ce pas ? D’ailleurs, vous m’apparaissez mort et moi aussi. Achevons notre œuvre : je vais à nouveau vous asphyxier, jusqu’à la fin, jusqu’à votre dernier souffle, puis je creuserai un trou là où vous gisez et je vous y enfouirai entouré de chaux vive ;
– On ne pourra déterminer exactement quand vous aurez été tué. Ensuite je me lierai les jambes, bloquerai mes mains et me laisserai tomber dans ce puits, lestée, où précédemment j’aurai jeté des seaux du même ciment romain. Un mystère planera sur ma noyade et mes reliques ? Qu’importe ! Un de nous deux sera certainement accusateur parfait ! On ne nous découvrira pas d’ici des semaines et, décomposés, il sera impossible de définir strictement la date de nos exécutions : merveilleuse manigance. Nos propriétaires vont s’enquérir du paiement de leurs mensualités bientôt : mon crédit doit s’approcher de ses limites et comme je n’ai jamais remis les pieds à la banque depuis l’ouverture de mon compte… Impôts et divers étant prélevés sans mon intermédiaire, par virements automatiques, on ne pouvait mettre à jour mon stratagème !
Cette habitation n’ayant d’électricité, d’eau de ville…
– À louer ce rustre domaine on n’aura connu que mademoiselle Haton ;
– Incontournable ! Faisons confiance à la police pour débrouiller ce fatras suivant son entendement, lequel ne pourra être que celui formulé !

Adieu Paul. Avec nos meurtres sur le dos ils seront décapités d’entrée de jeu ; nous leur raconterons notre histoire là-haut, et on en rira ensemble ! »