mardi 4 juin 2013

Souvenir d’un été finissant



Non ! Qu’est-ce que cette photo fait là ? Abasourdie, Roseline contemple le cliché noir et blanc retrouvé entre les pages d’un livre de contes pour enfants. Ce livre lui a appartenu, elle se souvient quand elle implorait ses grandes sœurs de lui lire les histoires de fées et de princesses. Était-ce sa main d’enfant qui avait subtilisé la photo pour la cacher ensuite entre les pages ?

La main déformée par l’arthrose de Roseline se met brusquement à trembler tandis que ses yeux s’embuent. Elle suffoque sous la marée haute de ses souvenirs. Et se rappelle, c’était hier.


Sur le cliché aux bords dentelés, les quatre sœurs Bloch prennent la pose, assises sur une pelouse. La plus jeune serre un petit chien dans ses bras. En toile de fond, des hortensias en pleine floraison. C’est l’été, dans le jardin de la villa d’Arcachon.

La journée est chaude et ensoleillée, une belle journée d’été, insouciante et gaie malgré les nuages qui se profilent à l’horizon. La petite Roseline court après une boule de poils blancs qui aboie frénétiquement contre une présence invisible derrière la clôture.
     Viens ici, Neige ! Viens vite ou maman va encore te gronder, elle t’enfermera à la cave et moi, je pleurerai !
Elle finit par attraper la petite chienne au moment où sa sœur Judith accourt vers elles. Deux longues jambes bondissantes, deux tresses brunes balayant l’étoffe semée de fleurs d’une robe d’été dans laquelle s’épanouissent des formes prometteuses et la voix qui gourmande.
      Roseline, tu es insupportable à la fin ! Viens vite, monsieur Mercier nous attend.
Le chien dans les bras, la fillette baisse la tête et met ses pas dans ceux de  sa sœur pour rejoindre Hanna et Eliette, sagement assises dans l’herbe, face au photographe. Eliette, du haut de ses onze ans, prend une pose alanguie, la tête rejetée en arrière, comme un mannequin. Elle se voit déjà en couverture de Mode de Paris, le magazine qu’elle pique à sa grande sœur pour le lire en cachette.  Sa robe de coton bleu gansé de blanc cache mal sa maigreur de gamine poussée trop vite. Roseline s’allonge dans l’herbe, imite Eliette en prenant de grands airs et finit par pouffer de rire. Judith la regarde avec sévérité et la petite se calme. Elle boude en tirant sur sa robe, la rose dragée avec le petit col Claudine, sa plus jolie. Une trace d’herbe sur l’étoffe et ce sera le drame. Ah là là ! Depuis qu’il lui pousse de la poitrine, Judith se prend pour la cheftaine de la famille ! Il est vrai qu’Hanna n’a jamais pris à cœur son rôle d’aînesse, elle est trop rêveuse, trop artiste pour cela. Laissant ses sœurs à leurs chamailleries, elle s’isole pour écrire des poèmes. Ou tout simplement pour penser à Paul, ce garçon svelte et bronzé qui la courtise depuis le début des vacances. Tout cela n’a pas échappé à l’œil fureteur de Roseline. Elle aussi, quand elle sera grande avec des seins qui pointent sous l’étoffe, elle aura un amoureux aussi beau que celui d’Hanna.
Face aux quatre sœurs, le petit homme tout de noir vêtu qui parle à mi-voix en s’agitant derrière un appareil photo juché sur un trépied est monsieur  Mercier, le photographe de la famille Bloch. Il soupire, désespéré par ces demoiselles indisciplinées et qui se moquent bien de sa difficulté à les fixer toutes les quatre sur la pellicule. Il faudra ensuite leur soumettre l’épreuve en priant pour qu’elle trouve grâce à leurs yeux et à ceux de madame Bloch. Celle ci est partie surveiller la cuisson des confitures dont les effluves sucrées qui s’échappent de la fenêtre grande ouverte viennent chatouiller les nez d’humeur folâtre. La tâche risque d’être ardue, le photographe espère toutefois ne pas avoir à revenir pour un nouveau cliché, comme l’été précédent.
 Au milieu de cette volière, seule Hanna reste impassible. Avec sa robe blanche au bustier  ajusté, sa lourde masse de cheveux cuivrés qu’elle a savamment enroulés en un chignon  haut, elle tourne résolument le dos à l’enfance. Monsieur Mercier l’observe à la dérobée, il a aussitôt remarqué cette lumière retenue dans ses yeux mordorés et ne s’y trompe pas, la jeune fille est amoureuse. Hanna la cachottière prend la pose mais laisse son esprit divaguer sur le chemin qui court, là bas, le long du front de mer. Paul doit s’y promener en regardant l’océan. Pourvu qu’il l’attende. Vite, qu’on en finisse avec cette séance de prise de vue. Elle trouve ridicule cette idée de sa mère de vouloir les immortaliser à chaque fin d’été. C’est toujours le même cliché, les deux grandes debout et les deux plus jeunes assises à leurs pieds avec, en fond les massifs d’hortensias hautains et la villa basque qui ferme l’horizon. Seul élément nouveau, la petite chienne dans les bras de la plus jeune. Monsieur Mercier, sous l’effet conjugué de la chaleur de cet été finissant et de la difficulté de la tâche, transpire abondamment. Il essuie son front et son crâne dégarni avec un grand mouchoir immaculé qu’il secoue d’un air désespéré. Hanna sourit en plaignant le petit homme noir qui agite son drapeau blanc sous le nez des gamines dissipées. Elle bouge un peu la tête et un éclat de lumière brille dans sa chevelure. Comme elle est belle ! pense le photographe. Mais comment capturer cette beauté pour l’immortaliser, seule,  sur la pellicule ? C’est  sans compter sur les trois  chipies. Cette année encore, ce sera une bataille homérique, pense-il en soupirant, résigné. Madame Bloch tient particulièrement à cette photo avec ses quatre filles indissociables, comme si elle sentait qu’un jour, le destin les séparerait à jamais. On ne discute pas avec une cliente fidèle qui,  chaque année, commande plusieurs clichés dont elle inonde sa famille. Allons, dépêchons ! Le temps tourne à l’orage et de gros nuages  commencent à souligner l’horizon de leur noirceur. Le mouchoir humide rangé au fond de sa poche, monsieur Mercier met le doigt sur le déclencheur et, après une ultime recommandation, l’enfonce à l’instant où Hanna se retourne.
     Mademoiselle Hanna ! gémit le petit homme.
Hanna ne répond pas, tout occupée à savoir si, oui ou non, c’est la voix  de Paul là, juste derrière la haie. La petite chienne, excitée par une odeur, un bruit, s’échappe des bras de Roseline qui se lance à sa poursuite. Eliette en profite pour tirer la langue à Judith en roulant de gros yeux. Monsieur Mercier soupire, soudain très las, persuadé de devoir revenir pour une nouvelle prise.
Le soleil s’est voilé et quelques gouttes éparses s’écrasent mollement sur le jardin. Le photographe est parti. Les quatre sœurs se retrouvent à la cuisine, autour de la bassine à confitures où figues et pastèques, engluées dans le sirop de sucre, se boursouflent en dégageant une bonne odeur de fruit caramélisé. Un régiment de bocaux attend, aligné sur de grands torchons blancs à liserés rouges étalés sur la table. La cuisine est une étuve chargée de parfums entêtants. Leur mère, drapée de  son grand tablier à carreaux, préside la cérémonie de la mise en bocaux, rite immuable des fins d’été dans la villa d’Arcachon. Elle enfonce sa grande cuillère en bois dans les entrailles des chaudrons, touille,  hume et surveille les bulles qui éclatent à la surface de la mélasse dorée des pastèques et de celle, plus sombre, des figues. Les yeux brillants, Roseline attend avec impatience qu’on lui abandonne les récipients vidés de leur  succulence. Armée d’une petite cuillère, elle traquera les morceaux de fruits collés aux parois qu’elle avalera en se brûlant la langue. Eliette et Judith, inséparables, sont installées en bout de table. Devant elles, un encrier, leur porte-plume garni d’un sergent major et des étiquettes blanches à liserés bleus, les mêmes qui ornent leurs cahiers de classe. D’une écriture ronde, elles tracent à l’encre violette « Confiture de figue, de pastèque. Récolte 1939 »
Les mains sur les hanches, le tablier maculé de tâches, la mère contemple avec fierté les bocaux qui attendent qu’on verse la paraffine sur leur contenu avant de fermer les couvercles. Cette ultime étape, c’est le travail d’Hanna. 
     Où donc est passée Hanna ? s’étonne la mère.
 Aliette et Judith l’ignorent tandis que s’élève la voix fluette de Roseline.  –   Moi, je sais ! Je sais ! 
     Tu sais quoi ? l’interrompt la mère impatiente.
     Elle est partie avec son fiancé ! 
     Son fiancé ? Que racontes-tu, petite chipie !
     Oui, c’est son fiancé, le garçon qu’elle embrasse pour de vrai. Même, qu’à son mariage, je serai demoiselle d’honneur. Je tiendrai son voile, dis maman, c’est moi qui tiendrai son voile parce que je suis la plus petite de la famille, pas vrai ?
Roseline se tait brusquement. Sa mère a le visage fermé et le regard sombre des mauvais jours.

Après la journée aux confitures, la vie n’a plus été la même. Dès leur retour à Paris, il y eut des conciliabules entre les parents et Hanna suivis de cris et de portes claquées, de pleurs. Roseline ne comprenait pas la nervosité de sa mère et les colères de son père qui hurlait qu’il ne voulait pas de rouge dans sa famille. On allait donc enlever le grand tapis aux motifs écarlates du salon ? Le jeune homme qui venait attendre sa sœur derrière la haie ne donnait plus signe de vie. Hanna se cachait pour pleurer. Alors, il n’y aurait pas de mariage ? Tout à la déception de ses rêves avortés, la fillette retourna  à ses poupées, loin de l’humeur maussade des adultes. Quand elle serait grande, elle se marierait avec une robe de princesse et des voiles légers, aussi légers que la brume du matin.

Roseline se penche sur la photo, cherchant dans le regard espiègle de la fillette d’alors ses espoirs de bonheur. Pour ses noces, elle n’a jamais porté la longue robe blanche et le voile arachnéen de ses rêves d’enfant. Juste un tailleur grège et un bibi à voilette pour sceller son union à la mairie avec un homme divorcé. Les invités étaient peu nombreux, sa famille ayant désapprouvé ce mariage.  
Assise près de la fenêtre dans son fauteuil à oreillettes, Roseline  chausse ses lunettes pour détailler chacune de ses sœurs sur la photo. Elles ignoraient alors que cette journée d’insouciance, tiède  et sucrée comme la confiture qui bouillonnait dans les chaudrons, serait la dernière. Elle retrouve avec émotion le visage flou de sa grande sœur qui avait bougé à l’instant où le photographe actionnait le déclencheur. Elle ne se souvient plus précisément des traits d’Hanna dont l’image brouillée semble prédire la disparition prochaine. Hanna, la sœur aînée qui n’est jamais devenue une vieille dame comme elle. Hanna qui demeure éternellement jeune. De ses mains tourmentées, elle retourne le cliché. Elle reconnaît l’écriture minuscule de sa mère. Tracés à l’encre violette, comme sur les pots de confiture, noms et date s’égrènent : Hanna, Judith, Eliette et Roseline. Arcachon, le 1ier septembre1939.
Le photographe n’est pas revenu pour un nouveau cliché. Le lendemain, les quatre filles bouclaient leurs malles et rentraient  avec leur mère à Paris où les attendait  leur père. Plus tard arriverait par la poste, dans une enveloppe brune, la photographie qui immortalisait ce premier jour de septembre à Arcachon, le même jour  où Hitler envahissait la Pologne.
Le trois septembre, la France et l’Angleterre déclaraient la guerre à l’Allemagne. À cause des restrictions, on ouvrit les pots de confitures  avec parcimonie. Longtemps Roseline se souviendrait de l’odeur des fruits en train de cuire et de la buée coulant sur les  murs de la cuisine comme autant de larmes sur leur malheur proche.

Bientôt, Roseline et ses sœurs Eliette et Judith, munies de faux papiers, partiraient à la campagne, dans des familles d’accueil. Hanna devait demeurer à Paris avec les parents, le temps de régler leur départ. Elle partit à son tour rejoindre une amie en zone libre. Son père l’installa  dans le train pour Toulouse. Elle n’arriva jamais à destination.  

Pas de robe virginale et de voile léger comme  plume d’oiseau, de fleurs d’oranger piquées dans son chignon pour Hanna la rebelle. Mais  un pyjama rayé marqué d’une étoile jaune, des socques de bois, un crâne rasé et un numéro tatoué sur sa peau. 
Ce numéro inscrit dans un registre à Dachau le jour où Hanna Bloch disparaissait  dans un ciel de cendres.             

BERNOT Régine (Frouzins)

Le mystère de M. KLEIN

Le 18 septembre 2012
Son profil était parfait...
            C'était vrai, plus parfait que son profil, on meurt... Pourtant, il était, à mon goût, trop parfait : toutes ces écoles, tous ces diplômes, était-ce possible d'en avoir fait autant, d'en avoir mérité autant ?  Tout en lisant ce CV, je commençais à grimacer : M. VIDAL  aura vite fait son choix ... C'est vrai, aucune personne ne pouvait être plus parfaite, c'était insensé ... Pourquoi  vouloir faire ce métier si simple?                                                                                                                          Soyons franc avec nous- même : qui veut être administrateur de biens de nos jours ? (sans dénigrer ce métier, vu que je le pratique ! )
 -  M. KLEIN passera son entretien d'embauche avec moi, avait dit M. VIDAL, si étrange que cela pouvait paraître...
      Cela faisait plus de 5 ans que je travaillais dans cette petite agence, gérée par M. VIDAL, nommée "Agence VIDAL" (ce qui était très original !!).                                       Mon métier consistait  à gérer des biens immobiliers, dont des immeubles, des maisons, des hôtels ou des boutiques, pour le compte de propriétaires privés ou de syndics de copropriété. Je partageais mon temps entre mon petit cabinet de gestion de biens dans cette petite agence, et l'extérieur. J'aurais pu être indépendante, mais je suis  salariée.                                                                              
 Mon patron avait voulu  agrandir l'agence avec un autre administrateur de bien. Il avait aussi insisté pour que les administrateurs de bien aient chacun une secrétaire. Mais, faute de moyen le nouveau et moi devrons nous partager cette secrétaire, ce qui ne m'enchantait guère ...

Le 26 septembre 2012              
         Bien évidemment, M. KLEIN fut embauché haut la main et même le bras. Quant à la secrétaire, elle s'appelait Mme COLIN ...                                                                           La première fois que je vis M. KLEIN, je fus surprise, je m'attendais à un homme assez grand, mais, il n'était pas du tout grand ... Même moi, qui suis très petite, je le dépassais, c'est vous dire ... Son nez  busqué faisait "intrus", on ne voyait que ça quant on regardait son visage... Il me faisait penser à un dauphin, pour moi ce ne serait plus M. Klein mais  Flipper... C'était sûr, ce profil là n'était pas parfait... (Je tiens à préciser que "KLEIN" se prononce "Klaïne". )
Quant à  Mme COLIN, elle n'avait pas de signe particulier, à part peut-être l'originalité de ses vêtements ...
Moi, Keiko Yung, je me permettais de les critiquer car, tant qu'ils ne le savaient pas, ça ne pouvait pas leur faire de mal ! Et puis je savais bien qu'en eux-mêmes ils se moquaient de mon nom asiatique qui me venait de ma grand mère, qui m'avait élevée seule ... Mais, je ne vais pas vous étaler ma vie, parlons plutôt de Flipper ...

 Le 19 octobre 2012
    M. KLEIN était, comme je l'avais prédit, trop parfait : M. VIDAL commençait déjà à vouloir l'augmenter, ça ne pouvait pas durer ! J'allais me défendre ! Flipper prenait tous les matins un café,  puis discutait avec Mme COLIN  à peu près 10 minutes et s'enfermait ensuite  dans son bureau pour travailler. Il ne sortait de son bureau seulement pour le déjeuner ou pour des rendez-vous.
Ce lundi s'avérait être un jour normal, mais, j'avais concocté un plan la nuit dernière, ce qui expliquait mes cernes ... Ce matin-là, il faisait froid et le  givre qui était sur mes gants ne partait pas malgré tout mes efforts ... Je me rendis à l'agence un quart d'heure  avant Flipper.  Mme COLIN était déjà là, comme prévu ! J'enlevai mon manteau , et m'approchai d'elle, quant soudain elle prit la parole :
- Je sais de quoi vous allez parler, vous allez me dire que ce n'est pas professionnel de faire ce que j'ai fait, mais bon, je ne comptais pas continuer, je vous prie de m'excuser...
- Q...Quoi ? demandai-je hébétée.
Devant l'énormité de son erreur Mme COLLIN ne répondit pas tout de suite, il fallut alors que je fasse un petit sourire, un peu forcé, et elle se lança enfin :
- Voilà, vous avez remarqué que M. KLEIN passe 10 minutes tous les matins à me parler ... Et ... chaque matin il me dit la même chose : "Mme COLLIN pouvez-vous ne donner  seulement une seule affaire à la petite, merci !" Et moi, comme une débutante,  je lui ai obéis, mais ...
- Vous voulez dire que monsieur KLEIN ose dire que je suis petite alors que lui, il l'est d'avantage ! la coupai-je vexée.
- Quoi, c'est juste ça qui vous dérange ? demanda-t-elle stupéfaite.
- Euh... non pas du tout, je voulais dire : il a eu plus d'affaires que moi ! Et moi qui croyais que notre agence marchait moins! me corrigeai-je. Bon et bien, nous allons faire comme d'habitude, vous direz que vous m'avez donnée une affaire mais vous me donnerez la moitié des affaires et vous lui donnerez  l'autre moitié, d'accord?
Le marché était fait, Mme COLLIN qui s'appelait en fait  Chloé, fit exactement ce que je lui avais dit. D'ailleurs, quand Flipper arriva, il ne comprit pas pourquoi je le regardai d'un air méchant ...
Le 10 décembre 2012
  Tout se passait bien, tant que Chloé faisait sa part de travail correctement ... Mais un jour, notre patron voulut un rapport de toutes les affaires que nous avions traitées depuis septembre jusqu'à aujourd'hui ; bien sûr, M. KLEIN allait faire le plus beau travail, avec la plus belle écriture et nia nia nia ...                                                       J'avoue qu'en moi naissait un brin de jalousie qui grandissait à vue d'œil. Je ne pouvais pas me faire écraser par ce dauphin!!! Il lui fallait ce rapport pour le 18 décembre, ce qui ne nous laissait pas beaucoup de temps...
Le 14 décembre 2012
Alors, je me mis au travail. Dès le premier jour, je fis d'abord la liste de toutes les affaires puis, je mis tout au propre ... Du moins, c'était ce que je voulais faire, mais le travail s'avéra plus long que prévu ... Je pris au moins deux journées pour faire la liste. Je fus interrompue par Flipper, qui prenait un grand plaisir à me faire perdre mon temps ... Ce travail fait, il fallait mettre tout ça au propre ... Et, même si je travaillais tard le soir, je pris du temps... Je m'activais comme une dératée, et, ce soir là, le soir qui changea ma vie, oui...celui-là !!! J'eus enfin terminé. Il était à peu près 20 h00, je n'étais  jamais rentrée si tard. Bref ! Je me dirigeai donc vers le bureau de M. VIDAL, et frappai à la porte ... J'attendis ... Encore ... Je n'avais jamais eu de patience, alors j'ouvris la porte, d'un grand geste : mon patron n'était pas là. Son bureau, à l'ordinaire si ordonné, semblait avoir perdu toute sa vitalité ...
La pénombre me faisait froid dans le dos ... Même à mon âge, j'avais encore peur du noir et surtout, des formes que prenaient les objets... C'est vrai, une simple théière dans le noir ça fait vraiment peur ! Bref, j'avançai donc à tâtons (même si je discernai quelques objets, je voulais être certaine de ne pas tomber) et pensai que je sentirais bientôt son bureau. Mais ma lenteur me fit vite oublier ma peur et m'agaça ; n'y tenant plus,  je fis volte face et courus jusqu'à l'interrupteur, et la lumière fut !
Et... c'est à ce moment là que... que... je vis M. Klein. Oui, celui là! Il vit ma tête et essaya de dire quelque chose, mais pour moi, c'était clair : M. KLEIN venait de voler notre patron. Prise d'une grande colère, je fondis sur lui, tête baissée ; il tomba par terre ! Mais je n'avais pas fini avec lui et quand il se releva, je lui mis un coup de poing dans la mâchoire, et, sous mes yeux ébahis, je vis sa tête tomber, et je pus voir des câbles électriques sortir de sa tête...
Le 25 décembre 2013
La vie était devenue plus sereine depuis que tout c'était élucidé :
On avait reçu un courrier expliquant que des scientifiques avait créé un robot (M. KLEIN), ça m'avait soulagée ;  c'est vrai que sa perfection m'était presque devenue insupportable ... Bref, ce courrier aurait du arriver à M. VIDAL 18 septembre avec le CV de Flipper,  qui expliquait donc son cas (que c'était un robot). Mais maladresse de facteur, il ne l'avait pas reçu ...
Le robot se trouvait, ce soir-là, dans son bureau car il voulait savoir si M. VIDAL l'avait reçu ...  Ce qui n'était pas le cas !
Enfin, je suis contente que Flipper soit en fait un robot, et ce, pour deux raisons :
La première : c'est qui qui a eu une augmentation? C'est bibi!!!
La seconde : son remplaçant est devenu quelqu'un d'important à mes yeux : mon meilleur ami...


Claire Rambert (Breuillet) - catégorie Junior

Kindertotenlieder



L
’autre jour, en effectuant quelques rangements dans de vieilles boites contenant des cartes postales et des photographies, je tombai sur celle qui fut prise après les bombardements de 1944 : le bel hôtel de ville de notre commune, dont nous étions si fiers, construit au 18e siècle, coupé en deux !  Mais qu’est-ce que cette photo fait là ? Je la croyais dans l’album de famille qui est conservé précieusement par mon frère. Elle me rappelle soudain de terribles souvenirs.

Je m’appelle Monique. Je suis née le 19 février 1936 dans une  petite sous- préfecture de Lorraine, qui fut un centre important sur la Ligne Maginot, construite avant la seconde guerre mondiale. Cette ligne était censée empêcher une possible invasion ennemie tout le long de la frontière Est de la France. Malheureusement, en juin 1940, sans combat local, la Moselle et l’Alsace, pays de mes ancêtres, furent annexées, les fortifications Maginot ayant été habilement contournées par l’armée allemande qui passa par les Pays Bas, la Belgique et le Luxembourg pour nous envahir.

Je changeais de nationalité et devins  Monika.
 
Huit novembre 1944. Ce matin-là, la ville était paisible et s’éveillait lentement. Le temps était beau et sec.
Les habitants subissaient déjà depuis quatre années l’occupation de l’Allemagne nazie. Résignés, ils se préoccupaient avant tout de remplir le grenier et la cave de provisions pour l’hiver qui s’annonçait, comme toujours, rude dans notre région. Ils n’en pouvaient plus de subir toutes sortes de privations, mais, au moins, ils savaient cultiver et ils avaient un peu de terre. Dans les jardins et les vergers établis le long des « gässeln » on s’était affairé à la récolte des derniers légumes. Les pommes et les noix étaient soigneusement rangées dans les clayettes des greniers. A la barbe de l’ennemi on avait tué le cochon, mis au saloir, fait le boudin et les pâtés. En cachette les jambons attendaient dans la cheminée pour y être fumés. En attendant la récolte des choux on préparait les tonneaux pour la choucroute.
 
Depuis quelques temps des bruits couraient sur les ondes de la radio « interdite ». On savait qu’un débarquement devait avoir lieu quelque part : « Pom… Pom … Pom... Ici Londres… Les Français parlent aux Français ». Les séries de messages codés avaient suivi, comme toujours, monotones et mystérieux. On les écoutait entre les lignes, sans comprendre, mais c’était la voix de l’Espérance !
Je me souviendrai toujours du soulagement qu’ont éprouvé mes parents et mes grands-parents, le jour où ils avaient entendu la voix du Général de Gaulle s’adresser, en particulier à eux, Alsaciens et Lorrains, leur disant qu’il ne leur serait pas tenu rigueur de ce que les Allemands les forceraient à faire sous la contrainte. Quelle bouffée de réconfort leur était parvenue là !

Mais les terribles évènements qui suivirent ce jour-là resteraient à jamais inscrits dans les cœurs et les mémoires de toute notre famille et dans ceux des habitants de la ville !
Aux environs de dix heures du matin, la sirène, installée dans la lanterne ajourée du clocher de l’église se mit à hurler. C’était le signal qui précipitait toute la population dans les abris ou les caves consolidées.

Depuis quelque semaines déjà, par temps clair, la ville était régulièrement survolée par des escadrons de bombardiers argentés qui passaient très haut dans le ciel avec un vrombissement sourd, en direction de l’Allemagne, toute proche, à l’est.
On savait que là-bas, tout était en ruines. Les pompiers de notre ville, dont faisait partie mon père, étaient de plus en plus souvent appelés en renfort pour éteindre les incendies allumés par les bombardements.
On se disait : « Enfin, verra-t-on bientôt la fin de tout cela ? »
Lorsqu’une alerte était donnée et que tout le monde était dans les abris il arrivait à quelques intrépides de rester à guetter, le nez en l’air, pour suivre des yeux les avions brillants. Ils les comptaient et admiraient leur impeccable alignement.

C
e jour-là, quelques hommes étaient restés au magasin des pompes pour réparer leur véhicule, au retour d’un récent raid en Sarre. Il fallait réparer au plus vite. Il y avait mon père, Paul, le chef, Léon et leur ami Alfonse qui s’affairait au fond du garage près d’une roue endommagée. Je ne me souviens pas des autres. Il fallait être prêt pour les prochains appels qui allaient en s’accélérant. De toute façon, les avions ne faisaient que nous survoler, c’est l’Allemagne qui était visée !

A chaque alerte, la cave voûtée de grand-père Joseph accueillait toutes les familles de notre quartier, ceux de la rue des Arquebusiers et ceux de la rue du Pressoir, dite Keltergass en patois francique local. Grand-père était maçon. La cave voûtée de sa maison ancienne était solidement étayée. Il était généreux, je ne le dirai jamais assez.
Les voisins arrivaient en hâte et s’asseyaient le long des murs sur des bancs. Nous, les enfants, étions allongés sur de vieux matelas disposés entre la soute à charbon et la réserve de pommes de terre. De gros sacs de sable fermaient hermétiquement l’orifice des soupiraux. Et comme chaque fois, Marie Théobald entamait le chapelet de sa voix monocorde et pointue. Suivait la litanie des Saint, très longue. Marie scandait les invocations et toute l’assemblée faisait les réponds, les voix graves des hommes se mêlant à celles des femmes. Le murmure monotone des « Bitte fur uns » suivait celui des « Ora pro nobis », ce qui veut dire « Priez pour nous »  berçaient les enfants qui s’endormaient.

Mais soudain, d’affreux sifflements suivis de violents bruits d’explosion firent trembler le sol. Pas de doute, c’était sur nous que les avions piquaient. C’est nous que l’on bombardait !
La lampe à carbure suspendue au plafond vacillait et éclairait des visages effrayés….
- « Mon Dieu, c’est tout près de chez nous » !
Et soudain le silence. Un silence lourd. L’angoisse qui serre les gorges… puis de cris.
Mon père apparut peu après au haut de l’escalier. Il portait un pansement énorme à la tête. Il raconta les terribles choses qui venaient d’arriver :
- « Une bombe est tombée sur l’hôtel de ville et a coupé le bâtiment en deux. Il n’en reste plus que la moitié dressée au milieu des décombres. Le magasin des pompes, tout proche a été touché. Le souffle de la déflagration m’a projeté hors du local. Un énorme bloc de pierre m’a cloué au sol. Plusieurs soldats Allemands, affolés sont passés en courant sans écouter mes appels à l’aide. L’un d’eux me posa son pistolet sur ma tempe, prêt à tirer. Heureusement un cinquième accourut et m’aida à me dégager. J’ai l’arcade sourcilière coupée, j’ai beaucoup saigné… mais je suis en vie ! »
Alfonse, son compagnon n’avait pas eu cette chance. Le lourd véhicule des soldats du feu, projeté contre le mur du fond par le souffle de la bombe le tua net.
En tâtonnant, papa avait soulevé avec effroi une touffe de ses cheveux sous les éboulis. Il avait été complètement écrasé. Il n’y avait plus rien à faire pour lui. L’hôpital, tout proche, dont la toiture était marquée d’une énorme, croix rouge avait été épargné et papa a pu s’y faire soigner.

N
ous avons tous pensé que ces terribles évènements étaient survenus par erreur. Les Américains avaient sans doute confondu le nom de notre ville avec celui d’une ville allemande. Ces Américains tant attendus, ces soldats providentiels ont-ils pu nous attaquer de cette façon ? Nous les attendions, mais pas de cette façon !
Les Allemands avaient installé un poste d’observation et un émetteur-récepteur dans la lanterne du clocher de l’église. De très loin, on pouvait nettement distinguer la silhouette du guetteur. C’est lui qui fut visé ce matin-là, avons-nous conclu.

Mais avec le recul du temps, il devint évident et nous l’avons compris, qu’il s’agissait d’une stratégie volontaire pour permettre aux troupes d’avancer, et pour harceler l’ennemi encore en place.
A treize heures trente, 1’aviation revint en force. Et ce fut terrible ! Les bombes sont tombées sur de nombreuses habitations qui prirent feu. Vingt deux civils furent tués et parmi eux, trois membres de notre famille. L’horreur !
Après le vacarme des tirs et des explosions une personne affolée se présenta à l’entrée de notre cave :
-          « Vite, la maison de votre fille a été bombardée, on entend des appels au secours ! »
Les hommes ont couru au chantier. Grand-père Joseph, oncle Paulo, son frère José et Renatus, leur ouvrier ainsi que papa, malgré sa blessure. Ils se sont armés de pelles, de pioches, et de pics. Des voisins les ont rejoints sur les lieux du drame.
La bombe était tombée dans la rue. La maison s’est effondrée comme un château de cartes, emprisonnant mon oncle René, Tante Louise, mes trois petites cousines Josyane, Renée et Suzy, ainsi que la famille voisine, les Paké avec leurs trois petits garçons qui étaient venus se réfugier chez eux. Mes cousines avaient neuf, sept et cinq ans. Les petits voisins étaient du même âge environ. C’étaient mes compagnons de jeux !
Pour atteindre la cave il a fallu déblayer les décombres, se frayer un passage par le sous-sol de la maison voisine, moins endommagée, attaquer le mur de séparation avec les pics, pelleter, répondre aux appels pour les rassurer sur l’avancée du travail. Ils se parlaient à travers l’épaisseur du mur. Ils étaient envie. On allait les délivrer !

A la maison de grand’mère on faisait chauffer l’eau pour faire du café « ersatz, » et des tisanes qui les réconforterait tous. On avait hâte de les serrer dans nos bras.
On sortit de cette funeste cave tante Louise, Renée et la petite Suzy, inertes et encore toutes chaudes. Sans doute évanouies ? L’oncle était conscient. Son casque de pompier qu’il n’avait pas eu le temps de retirer au moment de l’alerte l’avait protégé. Il s’était incrusté dans le plafond affaissé de la cave. Grâce à lui il avait pu aider sa petite Josyane, serrée contre lui en dégageant les gravats qui obstruaient sa bouche et son visage. Elle était sauve.
De la famille Paké, ensevelie sous un monceau de gravats, dans le fond, près des soupiraux personne ne bougeait plus. On retira des décombres cinq corps sans vie. Le père la mère et les trois petits garçons.
 Le médecin, les infirmières de la Croix Rouge et de l’hôpital tentèrent très longuement de ranimer mes deux petites cousines et leur maman. En vain. Elles étaient mortes asphyxiées ! A deux doigts d’être sauvées !

Le lendemain, dans la grande salle de la maison des grands-parents trois cercueils étaient alignés. On avait voilé les miroirs, dressé des candélabres et un crucifix : le calvaire qui se trouvait dans la chambre du haut représentant les saintes femmes au pied de la croix. On avait posé une coupelle avec du buis et de l’eau bénite sur un guéridon.
Toute la famille se relayait auprès des trois chères aimées. Grand-père était prostré. Il ne se remettra jamais de ce malheur.
Le jour suivant, la sirène hurla encore une fois. Ce n’est plus dans la cave ni dans les abris que la population courut se réfugier mais dans les « gässeln ». On pouvait voir de longues files se hâter dans les sentiers étroits pour aller se terrer dans les abris des jardins.

            Je me souviens de la petite poupée en celluloïd que je serrais dans mes mains tout en courant. Elle avait une large robe virevoltante que grand-mère Anne avait crochetée : petit coin de rêve d’une fillette de huit ans. Cette poupée était de la même taille qu’une « Barbie » d’aujourd’hui. Elle avait des cheveux bien coiffés et autant d’allure qu’elle.

Heureusement, les alertes ne se renouvelèrent pas. Il n’y eut plus d’attaques. Les jours suivants furent calmes et tristes. On attendait l’arrivée des libérateurs. On put lire, inscrite avec de la peinture noire sur les murs de certaines maisons, la date : « 1918 ».
Ils approchaient. Dans le lointain on entendait des tirs et des rafales de mitraillette. On se battait dans les environs, du côté de la Nied. L’armée du Général Patton avançait, reculait, traquait les derniers occupants.
Le 25 novembre, enfin, nous pouvions voir les premiers G. I., en tenue de camouflage, entrer dans la ville en rasant les murs.



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De nos jours encore, des bombes éclatent à Sarajevo, en Syrie, en Palestine, au Mali, ailleurs… dans tous les coins du vaste monde, tuant de pauvres enfants innocents. C’est pour eux que j’écris ce texte. Je le leur dédie, en pensant à mes jolies petites cousines et à leurs petits camarades morts à quelques jours de la fin des hostilités.
Monique Charbonnier (Breuillet)


[1] Ce sont des ruelles étroites, bordées de murets construits avec les pierres de l’ancienne cité médiévale qui fut détruite pendant la guerre de Trente ans. Ils longent l’exact emplacement du mur d’enceinte. Ils sont percés, ça et là, de petites portes qui s’ouvrent sur d’adorables jardins où on cultive des légumes, des fleurs et des arbres fruitiers. Ils faisaient le tous de la ville. Malheureusement, l’extension moderne de l’urbanisation tend à les faire disparaître.

[2] Le patois francique mosellan, dit « platt » lorrain, est une langue qui se parle dans l’espace Sarre, Lorraine, Luxembourg, Rhénanie, Palatinat. C’est une langue transfrontalière qui a des variantes régionales, mais la même racine. Elle est plus ancienne que l’allemand et le français. Ce n’est pas de l’Alsacien.
Délaissée depuis les années 1960, on constate un renouveau depuis peu et les jeunes s’y intéressent et l’apprenant à l’université : C’est une langue qui permet de vivre dans une grande culture Européenne. C’était celle de Charlemagne.

[3] La Nied est une rivière qui coule en Moselle, affluent de la Sarre et sous-affluent du Rhin.

Les auteurs



Les nouvelles "junior"

Merci la féeCOCHET Isylde8 ans
Mr KleinRAMBERT Claire13 ans
XywariusVERGNE Lucas12 ans
son portefeuille, où est son portefeuille ?ROBERT Mary12 ans
Non qu'est ce que cette photo fait là ?BELLEMERE Sarah13 ans
L'art de volerGAYRAL Charlotte11 ans


Les nouvelles

Aujourd'hui un hommes est mortFOSSIER Babeth
Pourquoi garder ces reliques ?LEGER Michel
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324 jours et quelques heuresBURGAUD cédric
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Ombres chinoisesSANTOIRE Isabelle

samedi 1 juin 2013

Résultats du Concours de Nouvelles

Les PRIX :

JUNIORS
Auteur la plus jeune du concours :
Isylde COCHET (8 ans) pour la nouvelle : Merci la Fée

1er prix junior :
Lucas VERGNE pour la nouvelle : Xywarius

Auteurs juniors :
Claire RAMBERT pour la nouvelle : Mr Klein
Marie ROBERT pour la nouvelle : Son portefeuille, où est son portefeuille ?
Sarah BELLEMERE pour la nouvelle : Non, qu’est-ce que cette photo fait là ?
Charlotte GAYRAL pour la nouvelle : L’Art de voler

ADULTES
Auteur le plus prolifique :
Michel LEGER (11 nouvelles)
Pourquoi garder ces reliques / Aïe ! /Où est passé mon portefeuille /Le Môme/Le VRP/Les Légendes sont uniques /Souvenirs/Le Blues/ Mais qu’est-ce que cette photo fait là ?/Frida / Les Idoles des années 60

3e prix adulte ex-aequo :
Dominique PICHARD pour la nouvelle : Ne perds pas la boule
Danièle MUO pour la nouvelle : La Danse des flocons

2e prix adulte :
Martine FERACHOU pour la nouvelle : La Passerelle (à trois voix)

1er prix adulte :
Mickael FEUGRAY pour la nouvelle : Bleu nuit

Prix spécial, coup de cœur breuilletois :
Elodie GARNIER pour la nouvelle : Pas de deux